Financer les soins pour transformer l’Afrique : le plaidoyer de FEMNET et l’urgence d’un cap sur l’égalité des sexes en RDC
La 12ᵉ session du Forum régional africain sur le développement durable (ARFSD-12), tenue à Addis-Abeba du 28 au 30 avril 2026, s’est achevée par un appel historique à l’action radicale. Sous le thème « Inverser la tendance : actions transformatrices et coordonnées », plus de 1 500 délégués ont adopté la Déclaration d’Addis-Abeba sur le renversement de la tendance. Ce document solennel marque la fin du temps des diagnostics : avec seulement quatre ans restants pour atteindre l’échéance de 2030, l’Afrique doit impérativement accélérer la mise en œuvre des Objectifs de Développement Durable (ODD).
La Déclaration d’Addis-Abeba : Un pacte pour l’accélération et l’inclusion
Le constat dressé lors du forum est alarmant : l’Afrique est en retard sur 12 des 17 ODD et régresse sur cinq autres. Face à ce défi, la Déclaration d’Addis-Abeba exhorte les États membres à intensifier leurs efforts dans cinq domaines prioritaires : l’eau (ODD 6), l’énergie (ODD 7), l’industrie et l’innovation (ODD 9), les villes durables (ODD 11) et les partenariats (ODD 17).
Au cœur de cette stratégie se trouve le principe de « Ne laisser personne de côté » (Leave No One Behind – LNOB). La Déclaration souligne que le progrès n’est réel que s’il est plus rapide chez les groupes les plus vulnérables, en particulier les femmes, les jeunes et les personnes vivant avec handicap, qui doivent être reconnus comme des co-créateurs du développement et non de simples bénéficiaires.
FEMNET : Transformer l’économie du soin pour une égalité réelle
En marge des sessions plénières, le réseau FEMNET a marqué les esprits avec son événement parallèle : « Financer les soins, promouvoir l’égalité – Des voies féministes et menées par les jeunes pour faire progresser les ODD en Afrique ». Le message porté par le leadership féministe est clair : il n’y a pas de justice sociale sans justice économique.
FEMNET a plaidé pour que l’économie du soin soit placée au centre des politiques budgétaires. En Afrique subsaharienne, les femmes consacrent jusqu’à trois fois plus de temps que les hommes au travail domestique non rémunéré, une charge qui constitue une subvention invisible aux systèmes publics défaillants. Le réseau propose des solutions audacieuses, notamment l’utilisation des Droits de Tirage Spéciaux (DTS) comme instruments de justice féministe pour financer les services de santé et les infrastructures sociales.
