Déclaration de position des jeunes Africains sur la CSW 70
Remerciements
Cette déclaration de principe reflète la voix collective et les expériences vécues par les jeunes femmes et filles africaines qui ont participé à des consultations régionales dans les cinq sous-régions d’Afrique. Nous saluons le leadership de FEMNET et des organisations partenaires, le soutien technique de l’ONU Femmes, ainsi que les contributions des juristes féministes, des jeunes militantes et des organisations de la société civile qui ont façonné cette position commune.
Préambule
Nous sommes 288 jeunes femmes et filles africaines issues de 42 États membres africains, représentant des organisations de défense des droits des jeunes femmes, des juristes féministes, des jeunes militantes, des organisations de la société civile et des actrices du développement dans les cinq sous-régions d’Afrique. Nous avons élaboré collectivement cette Position de la jeunesse africaine sur l’accès à la justice en amont de la 70e session de la Commission de la condition de la femme (CSW70).
Saluant les engagements pris par les gouvernements africains en faveur de la Déclaration et du Programme d’action de Beijing, du Programme de développement durable à l’horizon 2030 et de l’Agenda 2063 : L’Afrique que nous voulons, notamment les obligations de garantir l’égalité des sexes, d’éliminer la discrimination et la violence, et veiller à ce que les jeunes femmes et les filles jouissent pleinement et effectivement de leurs droits fondamentaux.
Réaffirmant que l’accès à la justice est un droit humain fondamental et une condition favorable à l’exercice de tous les autres droits, comme le souligne la recommandation générale n° 33 de la CEDAW. Les six piliers interdépendants que sont la justiciabilité, la disponibilité, l’accessibilité, la qualité, la mise en place de recours et la responsabilité doivent être pleinement réalisés pour que les jeunes femmes et les filles en Afrique puissent revendiquer leurs droits, demander réparation et demander des comptes aux autorités et institutions publiques sans discrimination.
Reconnaissant les avancées transformatrices réalisées au cours des trois dernières décennies par les mouvements de femmes africaines, les organisations de base et les défenseurs féministes, notamment grâce aux réformes juridiques, aux programmes parajuridiques, à l’aide juridique communautaire, aux cliniques mobiles, aux litiges stratégiques et au plaidoyer soutenu qui ont conduit à l’institutionnalisation des normes et des mécanismes relatifs aux droits des femmes sur tout le continent.
Célébrant les cadres régionaux progressistes tels que le Protocole à la Charte africaine des droits de l’homme et des peuples relatif aux droits des femmes en Afrique (Protocole de Maputo), ratifié par 46 des 55 États membres de l’Union africaine ; la loi type de la SADC sur l’élimination de la violence basée sur le genre ; et la Convention de l’Union africaine sur l’élimination de la violence à l’égard des femmes et des filles (2025), qui reflète le leadership africain dans la promotion de l’égalité des sexes et de l’accès à la justice, notamment en ce qui concerne les formes contemporaines de violence.
Déclarant sans équivoque que ces avancées ne sont pas négociables. Les engagements existants en matière d’égalité des sexes, de droits des femmes et d’accès à la justice doivent être maintenus, mis en œuvre et renforcés. Toute tentative visant à affaiblir, diluer ou renverser les normes et obligations établies doit être fermement rejetée.
